Transcription
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Monsieur, allant de porteur par de là, je nay pas vollu
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falhir de vous escripre la presente pour savoir de vous nouvelles et
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bon portement ce que desire bien fort savoir. Et de moy je
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vous advertiray comme suis arrivé d’Ytalye et à mon arrivée
5[barré : vous ] ay treuvé que ung personnage qui est plus prodigue à
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prendre que à parler, avoit fait fère bruict que jestoys mort
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payant [lire : ayant] deliberé metre garnison à ma mayson, comme si elle
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luy apartenoit ou à quelques ungz des syens. Et si ne
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fust larrivée de la Motte et d’Ercules qui est celluy qui
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conduict ledefice de ma mayson, qui arrivarent quelques jours
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au paradvant que moy, ilz hussent mis en execution leur
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volloir. Mays ayant entendu leur arrivée, ils desistarent.
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Je vous laysse à penser ; monsieur sy jauroys besoing
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de telz pour garnison à ma mayson. Bien vouldroys je les avoir
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treuvés à leffect, et vous assure que pour leur peyne
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nusse falhy à les fère bien boyre. Quest tout ce que
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je vous puys escripre des nouvelles de par delà. Le Turc
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arme avec grand dilligence et tyent onc quilz feront quatre
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centz galères et les nostres saprestent et on tyent que
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ne le font pas à trop grand haste. Des autres nouvelles,
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je croys en estes informé myeulx que moy.
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Monsieur je prye le Createur, après mestre humblement recommandé
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à votre bonne grace, vous doint en parfaicte saincté, longue et heureuze
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vye. A la Tour d’Aigues, ce premier mars 1573.
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Votre humble et affectionné voisin et serviteur
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Cental
